Emile en Cochinchine

Publié le 15 Décembre 2014

Emile en Cochinchine

Saïgon et l’Indochine

Après la Birmanie, nous arrivâmes en mer de Chine jusqu’à Saïgon, aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Ville. Ce voyage maritime agréable, d’un mois, nous déposa dans ce qu’on appelait encore à l’époque la Cochinchine.

Nous n’étions pas là pour faire du tourisme, ce qui ne tarda pas à nous être rappelé.

A notre arrivée, nous fûmes placés dans un camp de transit en attendant une affectation qui, pour moi, ne dura que quelques jours….

…Alors que l’escadron n’était toujours pas parti en opération, mes supérieurs me désignèrent pour aller à Saïgon chercher des AM (automitrailleuses), du matériel et des mitrailleuses lourdes (12,7). Il faut dire pour information que tout ce matériel était américain. En effet, ils nous ont réarmés après la seconde guerre mondiale et ce, jusqu’à ce que la France ne se relève de la guerre et fabrique elle-même son propre matériel et ses équipements.

A ce propos, je m’attarde un peu sur ce sujet car je trouve presque incroyable ce qui suit :

ce matériel arrivait en France et était conditionné dans les ERM (Etablissements Régionaux du Matériel). Bien que militaires, ces ateliers fonctionnaient avec du personnel civil et comme chacun sait, la guerre d’Indochine était très mal perçue par les français (surtout par la gauche politique).

Nous nous aperçûmes, lorsque le matériel fut arrivé à destination, que les coupelles de freins des AM et les gâchettes des mitrailleuses étaient montées à l’envers. Rien de tel pour nous envoyer à la mort en opération ! Vive les ouvriers français !

Il nous fallu plusieurs jours de travail pour remettre en état tout ce gâchis. Ce fut des jours de « congés » pour mes conducteurs d’AM et pour moi avant d’aller au combat…

Rédigé par Didier Jean-Yves PIERRE

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